avr 28
Liste des demandes de partenaires pour négocier
Liste des demandes de partenaires pour négocier
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Liste des partenaires du Club de Négociation

Prenom Ville Pays Email Role Date d’entrée
Alain Paris France alain@fedor.fr Vendeur 08/05/2009
Catherine Trinité Martinique pythagore32@hotmail.com Vendeur 08/05/2009
Tarik Kénitra Maroc elarfaoui@gmail.com Acheteur 08/05/2009
Lamia Sousse Tunisie amslamia@yahoo.fr Acheteur 07/05/2009
Laurent Barcelone Eespagne laurentmounier@hotmail.com Acheteur 06/05/2009
Stephane Paris France sbliek@freesurf.fr Acheteur 06/05/2009
Tom Lons le saunier France tom_39@hotmail.fr Vendeur

06/05/2009

Marie-Claude Blainville Canada marie-claude.asselin@hec.ca Acheteur 06/05/2009
Aurélien Londres UK aurelien.philippot@mailhec.net Acheteur

06/05/2009

Marc Paris France mtraverson@gmail.com Acheteur 06/05/2009
Amine Alger Algérie ayat71@yahoo.com Acheteur

05/05/2009

Kber Rouen France kberfr@yahoo.fr Vendeur 05/05/2009
Laurent Blois France baillylaurent@aol.com Acheteur 05/05/2009
Aicha Casablanca Maroc mentbah@simec.ma Vendeur 04/05/2009
Benacher Casablanca Maroc benachers@yahoo.fr Acheteur

03/05/2009

Diana Dammarie-lès ly France diana77190@hotmail.com Vendeur 03/05/2009
Christophe Paris France cvivet@quanticdream.com Acheteur 01/05/2009
Morad Paris France moradidir@yahoo.fr Vendeur 29/04/2009
Jess Paris France jesstiti2@hotmail.com Vendeur 28/04/2009
Eric Paris France ender1177@yahoo.com Acheteur

28/04/2009

Sousou Metz France dasoriah@yahoo.fr Acheteur 28/04/2009
Bienvenu Liancourt France bmiheret@aol.com Vendeur 28/04/2009
Ali Creil France ali.faouzi@9online.fr Vendeur 27/04/2009
Pierre Blois France melkom_it@yahoo.fr Acheteur

27/04/2009

Kevin Lens France siadep.com Vendeur 26/04/2009
Frederic Fourqueux France edop2005@yahoo.fr Vendeur 26/04/2009
Mmélanie Issy les Moulineaux France mmangogn@negocia.fr Acheteur 25/04/2009
Annick Loretteville Canada apicpic@hotmail.com Acheteur 24/04/2009
Jean-François Toulouse France c.jean-francois1@caramail.com Vendeur 23/04/2009
Jean-François Toulouse France c.jean-francois1@caramail.com Vendeur 22/04/2009
Fares Casa Maroc fares_elka@yahoo.fr Vendeur 21/04/2009
Rafii Tunis Tunisie zarrouk.raf@voila.fr Acheteur 21/04/2009
Lahcen Casablanca Maroc lkhamlichi@bmcebank.co.ma Acheteur 20/04/2009
Nassira Corté Corse ness@.com Vendeur 19/04/2009
Achille Metz France jbf@infofiltrage.com Acheteur 18/04/2009
Xavier Bruxelles Belgique neg@economiques.be Acheteur 17/04/2009
Compas Port-au-prince Haiti compas_live@hotmail.com Acheteur 16/04/2009
Regis Cergy France regisdb@tiscali.fr Vendeur 15/04/2009
Raphaël Urciers France raphaeldumas21@aol.com Vendeur 14/04/2009
Loe Bikokota Thomas Pascal Edea Cameroun lbthp@yahoo.fr Acheteur 13/04/2009
Anne Paris France anneline99@yahoo.com Vendeur

12/04/2009

Henri Antwerpen Belgique negociate@sacharter.com Vendeur 11/04/2009
Nathalie Vincennes France pasquier.nat@wanadoo.fr Acheteur 10/04/2009
Christian Orleans France christian.chaillet@libertysurf.fr Vendeur 30/03/2009
Eric Clermont-Ferrand France eric.dormegnie@club-internet.fr Acheteur 29/03/2009
Yves Montreal Canada ebyp@sympatico.ca Vendeur 28/03/2009
Mahmoud Ouarzazate Maroc mahmoud06@hotmail.com Vendeur 27/03/2009
Mo Quebec Canada mrichard@microtec.net Acheteur 26/03/2009
Miguel Tours France m.soares@caramail.com Vendeur 25/03/2009
Nadine Rabat Maroc nadine.nedley@caramail.com Vendeur 21/03/2009
Luc Bordeaux France luc.deleplanque@wanadoo.fr Acheteur 15/03/2009
Philippe Morsang France levy_phil@hotmail.com Acheteur 30/02/2009
Hassan Agadir Maroc ait_hadj@hotmail.com Vendeur 14/02/2009
Herve Plaisir France hsau@club-internet.fr Vendeur 09/02/2009
Henri Paris France tolone@wanadoo.fr Vendeur 05/02/2009
Michel Paris France eratico@hotmail Vendeur 17/01/2009
Suzy Lille France Chattuai@lexmark.com Acheteur 17/01/2009
Severine Nancy France pazseverine@hotmail.com Vendeur 16/01/2009
Claude Paris France soula1@caramail.com Acheteur 16/01/2009
Younes Casablanca Maroc zoubir11@caramail.com Vendeur 09/01/2009
Aline Paris France aline.michon@wanadoo.fr Acheteur 02/01/2009
Pascale Bayeux France normand.pascale@caramail.com Vendeur  
Tazi Casa Maroc h.tazi@cosumar.co.ma Acheteur  
Elodie Nice France elodiecoste@hotmail.com Vendeur  
Abdou Casablanca Maroc abourbah@hotmail.com Acheteur  
Jean-Louis Bordeaux France j.l.gaucher@wanadoo.fr Acheteur  
Magali Limoges France magali12@caramail.com Acheteur  
Karen Paris France kmenasce@free.fr Vendeur  
Maurice Nice France kmenasce@free.fr Acheteur  
Alix Port-au-prince Haiti alix91@altavista.com Acheteur  
Mora Reims France pmora68588@aol.com Vendeur  
Gérald Lyon France gerald.gaillard@free.fr Vendeur  
Cyril Paris Paris casanovacyril@hotmail.com Acheteur  
Tuan anh Hanoi Vietnam tuananh_vu@hotmail.com Vendeur  
Charles Besancon France charles@caramail.com Vendeur  
Alexandre Pont à Mousson (54) France jalennyx@aol.com Vendeur  
Mireille Montréal Canada mireille.dube@hec.ca Acheteur  
Désiré Lille France dezbill30@hotmail.com Acheteur  
Nabil Casablanca Maroc nabil2907@caramail.com Acheteur  
Krinopatra Ploiesti Roumanie krinam@totalconsult.ro Acheteur  
Henri Paris France tolone@wanadoo.fr Vendeur  
Jlidi Zarzis Tunisie absoleil_sarl@yahoo.fr Vendeur  
Fred La Roche Sur Yon France chataigner.freddy@wanadoo.fr Vendeur  
Walid Québec Canada Walidkooli@excite.com Vendeur  
Janet Avignon France jaylee@infonie.fr Acheteur  
Khalid Rabat Maroc engl@englishpage.org Acheteur  
Linka Chisinau Moldova cbantos@mail.md Acheteur  
Tony Paris France tonyboutineau@hotmail.com Vendeur  
Remy Paris France rgerin@noos.fr Vendeur  
Maxime Lyon france maximedeveron@yahoo.fr Acheteur  
Sinziana Bucarest Roumanie sinzianamiulescu@yahoo.com Acheteur  
Nathalie Shawinigan Canada nathalie_daneault@hotmail.com Acheteur  
Mohamed Casablanca Maroc elhaih@open.net.ma Acheteur  
Yvette Garges les Gonesse France correa_yvet@hotmail.com Vendeur  

 

avr 28
Communications résultats club négociation
Communications résultats club négociation
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Communication de vos résultats de Négociation 

 

  1. (obligatoire)
  2. (obligatoire)
  3. (obligatoire)
  4. (email valide requis)
  5. Rôle

  6. Accord

 

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avr 28
Inscription
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Inscription au Club de Négociation  

 

  1. (obligatoire)
  2. (obligatoire)
  3. (obligatoire)
  4. (email valide requis)
  5. Rôle

 

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avr 28
Etes-vous un bon négociateur
Etes-vous un bon négociateur
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Question 1: Je passe plus de la moitié de mon temps en négociation?

Question 2: Il existe une solution idéale pour toute négociation?

Question 3: Moins je me prépare, meilleur je suis.

Question 4: C’est mauvais de penser que l’on peut échouer?

Question 5: Je sais tenir l’objectif que je me suis fixé?

Question 6: J’aime rapidement obtenir satisfaction?

Question 7: Je sais masquer mes sentiments?

Question 8: Je préfère négocier avec des personnes sympathiques?

Question 9: J’ai déjà utilisé des ruses efficaces?

Question 10: Je sais faire des concessions pour aboutir?

Question 11: L’objectif d une négociation est d’atteindre un accord?


 

avr 28
La légende du Mont Ararat, de Yachar Kemal.
La légende du Mont Ararat, de Yachar Kemal.
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LA LEGENDE DU MONT ARAFAT DE YACHAR KEMAL

par Julie PINEL
Julie.PINEL@mailhec.net

 

Le point de départ :

Un beau jour, un cheval appartenant vraisemblablement à un haut dignitaire local, se retrouve devant la maison d’un simple habitant du Mont Ararat, Ahmet. Celui-ci tente de le ramener sur la route, bien conscient du danger que représente la possession d’un animal de noble. Mais le cheval décide de rester auprès de lui. Par trois fois, Ahmet éloigne le cheval de la région Ararat et par trois fois le cheval revient. Ceci en fait un Don du Ciel, d’après la tradition. Dès lors, tous les habitants du village, qui ont rapidement appris la nouvelle, considèrent qu’il doit le garder et Ahmet également. C’est pourquoi, quand le pacha, propriétaire du cheval, envoie des émissaires (les beys kurdes) le rechercher, Ahmet refuse de le rendre, soutenu par les habitants du village. Le pacha entre alors dans une sourde colère et fait emprisonner Ahmet, ainsi que son vieux compagnon, qui le soutien dans son refus de rendre le cheval. Si le cheval n’est pas rendu, ils seront mis à mort.

Analyse de cette situation de conflit :

On est bien, dans ce récit, en présence d’une négociation si l’on s’appuie sur la définition suivante : le pacha cherche à obtenir de nouveau la possession de son cheval, Ahmet résiste et refuse. L’objet de la négociation : la possession du cheval, puis cette possession + la vie d’Ahmet, puis cette possession + la vie d’Ahmet + la main de Gulbahar.

Les parties en présence :

  • Ahmet et le Pacha, qui s’opposent sur la possession du cheval.
  • Sofi, sage et ami d’Ahmet qui interfère avec lui dans la négociation.
  • Les beys kurdes, au service du pacha, et qui lui servent d’intermédiaires auprès d’Ahmet et des autres habitants du mont Ararat.

On constate d’emblée une dissymétries dans ces deux camps. (On peut ici reprendre cette métaphore guerrière car il s’agit bien d’une opposition, où dès le départ, chacun campe sur ses positions.) D’un côté, on a un conseiller écouté, Sofi, de l’autre, des beys qui ne sont pas nécessairement en accord avec leur pacha, mais qui lui doivent obéissance et qui ont un rôle de simple relais des exigences du pacha. Autrement dit, il existe des divergences au sein du « camp » du pacha. Ces divergences sont parfois visibles, car les beys acceptent les arguments d’Ahmet lorsqu’ils le rencontrent et qu’il refuse de leur remettre le cheval (respect de la tradition), mais sont au service du pacha, qui bénéficie d’un pouvoir de représailles à leur encontre.

Des critères objectifs ?

La tradition et son respect pourrait constituer des critères objectifs, étant donné qu’ils sont connus par les deux parties, mais le sultan, imbus de son pouvoir désire passer au-delà.

Dès le début, la situation est bloquée :

  • Ahmet ne peut rendre le cheval, car cela représenterait un affront envers son Dieu et la tradition. Il refuse d’emblée tout marchandage et bloque ainsi un processus de négociation : il ne veut pas échanger le cheval contre de l’argent !
  • Le pacha, qui ne peut supporter un tel affront à son pouvoir, ne peut retirer ses exigences.

Apparemment, il n’existe pas de canal d’accord potentiel.

Pourtant, les situations sont différentes :

En terme de relations de pouvoir : Ahmet n’est qu’un simple habitant du Mont Ararat, le Pacha est la personnalité la plus puissante de la région.

En terme de MESORES (or, on sait que dans une négociation, le pouvoir des acteurs est fonction de la valeur relative de leurs MESORES) :

Dans le cas où la négociation échoue, c’est-à-dire dans le cas où Ahmet conserve le cheval malgré toutes les menaces du pacha :

Pour le Pacha :

  • Renoncer à son cheval, c’est reconnaître que la tradition est supérieure à son pouvoir qu’il souhaiterait absolu ; mais c’est aussi gagner l’estime de peuple. Pourtant, ce dernier point à très peu de valeur à ses yeux, c’est son pouvoir qui lui importe le plus.

Pour Ahmet :

  • Garder le cheval, c’est perdre sa vie ou risquer une révolte des montagnards contre le pacha, suivie de répressions sanglantes contre la population.
  • On voit bien que la MESORE du pacha est supérieure à celle d’Ahmet en cas d’échec de la négociation, ne serait-ce que parce qu’il n’y risque pas sa vie !
  • Si le cheval est rendu au prix des menaces, les situations seront les suivantes, à ce stade du récit :
  • Renoncer au cheval pour Ahmet, c’est perdre la confiance de son Dieu et l’estime des paysans mais conserver sa vie.
  • Si le pacha ne renonce pas au cheval, il risque de mourir au cours d’un assaut des montagnards contre son palais (révolte populaire contre un tyran).

On pourrait penser que le fait qu’Ahmet tombe amoureux de la fille du pacha (qui l’a rencontré au cours de sa détention au palais), améliore ses choix : rendre le cheval et vivre heureux avec Gulbahar (la fille du pacha). Pourtant, il n’en est rien, au contraire, la négociation se déroule désormais dans un environnement de plus en plus tragique :

  • Ahmet ne peut rompre le don que lui a fait son Dieu, les habitants du village ne le comprendrait pas non plus. Il doit respecter la tradition et de fait ne risque plus seulement de perdre sa vie. Il risque également de perdre l’amour de sa vie.
  • Le pacha se sent doublement trahit et ne peut marier sa fille à un simple habitant des montagnes.

L’irruption de l’amour de Gulbahar pour Ahmet pourrait venir élargir le gâteau de la négociation ou en tout cas la rendre « multi-objets » et donc la faciliter, mais il n’en est rien non plus. Elle déplace l’enjeu et aggrave la position de négociation d’Ahmet : il ne risque plus seulement sa vie, mais celle de Gulbahar prête à affronter le courroux de son père en lui avouant son amour pour Ahmet afin de le sauver (puisqu’il ne se résout pas à rendre le cheval). L’offre de la main de Gulbahar pourrait être une compensation sans rapport avec l’objet initial du litige, mais pour des raisons de pouvoir et de rang social, le pacha ne peut accepter.

Les habitants du Mont Ararat se révoltent et permettent la libération d’Ahmet et sa fuite avec Gulbahar. Ils se réfugient tous deux chez un autre bey qui, selon la coutume, leur doit la protection. La situation d’Ahmet devient inextricable. Il entraîne dans son tourment de plus en plus de gens. Sa position de négociation n’est pas vraiment améliorée. En effet, s’il n’est plus sous la menace directe de la peine de mort, le pacha peut quand même attaquer et mettre en déroute son protecteur. C’est là que le caractère des personnages de la négociation devient un facteur important : l’altruisme d’Ahmet et son respect des traditions empêchent toute modification de sa MESORE et ne cessent de l’aggraver relativement à celle du pacha. Ce dernier est un individu imbus de sa personne et refuse tout obstacle à son autorité, pour laquelle il est prêt à sacrifier des vies.

Toutes les tentatives de médiation des beys ont échoué, en partie parce qu’ils estiment qu’Ahmet est dans son droit en respectant la tradition.

Il est intéressant ici de comparer les intérêts de chacun :

Table des intérêts : (les éléments présents dans le récit ne permettent pas de constituer de véritables tables d’intérêts profondes et hoérarchisées).

Le pacha

Ahmet

Satisfaire sa soif de pouvoir (égoïsme et égocentricité),

Maintenir son pouvoir hiérarchique

Respecter le « Don du Ciel » (la tradition),

Soutenir la résistance de sa communauté

Les beys

Sofi

Respecter le pouvoir hiérarchique du pacha et lui apporter satisfaction (y compris s’ils sont en désaccords)

Désir d’éviter des heurts sanglants avec la population locale

Faire valoir la tradition

Défendre Ahmet

 

Les intérêts des uns et des autres sont connus, car exprimés. Mais, il n’y a aucune proposition qui répondent aux intérêts des uns et des autres.

Les beys font des tentatives d’option : céder le cheval serait un geste qui vaudrait au pacha un renforcement de son pouvoir sur les paysans. Ceux-ci l’estimerait plus légitime, car il respecterait les traditions et ferait preuve de compréhension (mais ces intérêts se situent très bas dans la table du pacha). De plus, (ceci est un argument implicite) le pacha gagnerait également un soutien plus franc des beys qui lui sont dévoués mais qui agissent vraisemblablement plus par peur de son autorité et des sanctions envisageables que par réelle approbation des exigences du dit pacha.

La résolution du conflit par des voies détournées (tentative de créativité mais chargée d’hypocrisie de la part du pacha) et des personnes interposées :

Finalement, pour éviter qu’une attaque ne soit déclenchée contre le bey, Ahmet accepte un défi, apparemment impossible. Monter jusqu’au sommet de l’Ararat, d’où nul n’est jamais revenu, est indiquer par un feu l’accomplissement de cet exploit. Alors seulement, il pourra conserver le cheval et épouser Gulbahar. On voit clairement que le pacha a profité de sa position de force et a su joué avec son environnement.

Ahmet est en quelque sorte prêt à accepter sa BATNA initiale, mourir pour conserver son cheval. Pourtant, il parvient à accomplir l’exploit impossible. Dans le même temps, le pacha, avait dû abdiquer face à la pression populaire. Les montagnards se sont massés aux pieds du palais. Ils ont agi en témoins de tension et ont permis aux beys de faire valoir l’argument « avertissement » auprès du pacha. Celui-ci déclare donner son cheval et sa fille à Ahmet quoi qu’il arrive.

Que se passe-t-il alors ? Les termes du conflit ont changé. Lorsque la tension est à son comble et que la pacha comprend que l’issue de la négociation est bien au dessous de sa MESORE : il va mourir, s’il ne cède pas, alors il accepte et retourne finalement la situation en sa faveur. Ahmet n’a rien obtenu par lui-même. Lorsqu’il rentre, il repart avec Gulbahar : le pacha lui a accordé son pardon et s’occupera des noces.

Curieusement on aboutit presque à une situation Win-Win, même si le renforcement de sa légitimité n’était pas un intérêt majeur pour le pacha :

  • Le pacha renforce la légitimité de son pouvoir.
  • Ahmet repart sain et sauf avec son cheval et Gulbahar.

(Toutefois, l’issue du récit est tragique : le conflit à usé Ahmet et attisé un chagrin d’amour indestructible chez Gulbahar qui se sent délaissée, tue son amant et se suicide !).

Tout au long du récit, les positions des négociateurs sont biaisées par les forces en présence. Ahmet ne négocie pas, c’est un fataliste, le pacha ne négocie pas non plus, c’est un mur ! Il n’évolue dans ses positions que sous la menace.

Dans ce conflit, les intérêts des uns et des autres ne parviennent pas à prendre le pas sur leurs positions respectives, fondées notamment sur des relations hiérarchiques de pouvoir.

Les paysans ont agi comme témoins de tension très efficace.

L’échec du processus de négociation avant la résolution finale par les témoins de tension provient vraisemblablement du fait que l’essentiel de la négociation porte sur des questions de tradition, de droit, qui ne font pourtant pas partie du domaine négociable. Le problème du pouvoir est aussi fréquemment mis en en jeu.

Analyse de la tendance du pacha : le dur inefficace.

Le récit le décrit comme perpétuellement suspicieux, voire paranoïaque, pour lui, tout participant à la négociation est donc un adversaire, y compris les beys qui tentent d’intercéder en faveur d’Ahmet, mais aussi dans l’intérêt du pacha, afin qu’il ne se fasse pas un ennemi juré de toute la population montagnarde. Son objectif est en permanence de vaincre, quelque soit l’enjeu. Il s’illusionne ainsi lui-même sur son propre pouvoir. Seul son pouvoir de nuisance lui permet de maintenir, tout du moins en apparence, son autorité de Pacha. Il use d’ailleurs de la menace comme argument pour faire valoir et défendre son point de vue. Seules les concessions que peuvent lui faire les beys (concessions qui vont souvent à l’encontre de leur opinion) garantissent le maintien de toute relation avec le pacha dans la négociation, dont les beys sont à la fois les médiateurs et les acteurs, malgré eux. Le pacha est donc, ce qu’on peut qualifié de dur avec les gens. Ils se fortifie en permanence sur ses positions, adoptant par la même une attitude rigide, qui s’écarte en tout point des principes de la négociation raisonnée. Autrement dit, il verrouille ses positions, met la pression et n’accepte comme solution au conflit que la sienne ; solution qui lui garantie des gains à lui seul !

Face à ce négociateur dur inefficace, puisque sa stratégie est un échec flagrant et qu’il finit par abdiquer face à la même stratégie de menace que la sienne, se dresse un personnage qui ne négocie pas - Ahmet. Dès le départ, ses stratégies sont limitées : conserver le cheval et risquer le courroux du pacha. Rendre le cheval et risquer l’incompréhension des autres montagnards et de son Dieu. Ahmet doit en effet tenir compte de facteurs extérieurs très puissants, que sont les traditions d’une part et le pouvoir d’autre part. Il se retrouve ainsi en symbole de la défense des intérêts de tout un peuple, de sa fierté, incarnée par la possession de ce cheval.

avr 28
NRH en médecine générale
NRH en médecine générale
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NEGOCIATION RAISONNEE EN MEDECINE GENERALE 

par Arnauld MARANTIER
arnauld.marantier@mailhec.net

INTRODUCTION

L’intérêt du médecin est double, il rejoint celui du patient dans la recherche du mieux-être (soulager, soigner guérir, prévenir), mais doit aussi assurer la meilleure compliance au traitement proposé. Cette adhésion du patient, en d’autre termes cette amélioration de l’observance va bien au-delà de l’analyse du cas du malade et de l’établissement d’une ordonnance. La décision médicale se trouve donc entièrement soumise à cet impératif. Celle-ci n’est d’aucun pouvoir si elle n’est pas appliquée lorsque le patient quitte son praticien. Des statistiques françaises de l’Agence du Médicament étudiant le respect inégal des traitements prouvent d’ailleurs à quel point cette relation « ordonnée » est inefficace, et ceci malgré la pertinence du diagnostic et de la thérapeutique proposée. Les médecins d’antan écrivaient d’ailleurs en préambule à leurs prescriptions « je propose… » et obtenaient une observance inégalée, quand bien même les moyens à leur disposition étaient plus faibles ! Les expériences du célèbre Dr Knock k en sont la preuve littéraire mais se rapprochent d’une réelle nécessité de négociation dans la conduite d’une consultation de médecine générale.

LA NEGOCIATION

Une notion semble donc avoir échappé à une génération d’omnipraticiens actuels, trop sûrs de leur pouvoir pharmacologique. Cette nécessaire négociation se fonde sur des principes fondamentaux qui lorsqu’ils sont négligés empêchent la rencontre du projet du soignant avec les intérêts du patient, dans le respect de l’orientation initiale. Le diagnostic doit évoluer vers un diagnostic approfondi, global ou à plusieurs niveaux prenant en compte les intérêts décrits plus haut. Ces principes peuvent êtres appréhendés comme la préparation d’une négociation raisonnée, à savoir :

une communication par des mots simples, une information claire justifiant les décisions qui parfois permet d’éviter l’entrée en négociation. Le récent développement de l’Evidence Based Medecine (médecine fondée sur les preuves) offre au praticien des critères scientifiques solides pour appuyer son argumentation, en plus des Recommandations de Bonne Pratique fournies par des organismes institutionnels

évaluer le degré de compréhension et d’acceptation du patient, parfois à travers des mimiques, une attitude ou simplement une certaine distraction du patient. Le médecin doit appréhender les critères dont dispose son interlocuteur à une époque où une information scientifique de masse approximative se mêle aux croyances.

La capacité du médecin à écouter et à comprendre les intérêts de son interlocuteur, à envisager les options dont il dispose. Il faut adapter ses décisions à la personnalité, les conditions sociales et culturelles du patient et gérer la confrontation de ces options.

  • Le médecin ne peut négliger le critère financier qui pèse sur son cabinet, en gardant une bonne relation pour les consultations futures. Il pense aussi à augmenter sa clientèle dans l’entourage du patient.
  • Le médecin ne peut consacrer trop de temps à chaque malade.
  • Le médecin doit garantir sa réputation auprès de ses collègues.
  • Le médecin ne peut prescrire des traitements excessifs ou complaisants par le contrôle que lui impose la Sécurité Sociale.
  • Le médecin cherche à éviter les actes contraignants, les visites à domicile, les consultations tardives.
  • Le médecin ne veut pas dévoiler son ignorance, le cas échéant.
  • Le médecin peut profiter d’une consultation pour réaliser un bilan de santé que son patient refuse ou néglige depuis longtemps (prise de sang, consultation chez le spécialiste, examens de radiologie…), ou encore engager un discours préventif (tabac, alcool, surpoids, maladies sexuellement transmissibles, psychotropes…).
  • Le médecin aime son métier, il s’est choisi une clientèle qui lui ressemble.
  • Le patient est soumis à la pression de son entourage familial ou professionnel qui lui réclame de retrouver son potentiel optimal le plus rapidement possible.
  • Le patient doit payer une partie des soins qu’il reçoit et donc guérir au plus vite pour limiter ses frais.
  • Le patient attend des explications sur sa maladie.
  • Le patient désire être reconnu dans son statut de malade.
  • Le patient veut faire plaisir à son médecin qu’il s’est choisi et le voit régulièrement par plaisir.
  • Le patient recherche un bénéfice secondaire à la consultation (arrêt maladie, meilleure couverture sociale, allocations, cures thermales, ordonnance pour un tiers…). Ce dernier point est parfois l’intérêt principal du patient et se substitue à la notion de bien-être. 
  • Un sentiment d’empathie qui rend la négociation plaisante.
  • La bonne connaissance et le respect mutuel des deux négociateurs, d’autant que leur relation s’effectue au fil des consultations.

L’art de la négociation raisonnée peut éventuellement corriger des erreurs d’interprétation, voire des erreurs décisionnelles sans offusquer ni remettre en cause ou dessaisir le médecin de son savoir. Loin de nuire à la relation, les principes de négociation qui s’appliquent ici doivent la renforcer en intégrant les intérêts, les critères et les options de chaque partie.

LES CIRCONSTANCES DE LA NEGOCIATION

Les éléments de la négociation concernent le plus souvent le moyen de parvenir au mieux-être plutôt que le diagnostic ou les intérêts que le médecin et son malade ont en commun : 

Les moyens diagnostics : 

  • « Docteur, ai-je vraiment besoin d’aller refaire cette prise de sang, de passer cette radio, d’aller voir le spécialiste, d’être hospitalisé ? »
  • « Depuis trois mois je n’arrive pas à être enceinte. Il faut me faire faire des examens ! »

Les moyens thérapeutiques :

  • « Je ne veux pas prendre ce traitement que je ne supporte pas. » 
  • « Pourquoi prendre 7 jours d’antibiotiques si je vais mieux avant ? »
  • « Pourquoi ne voulez-vous pas me prescrire des fortifiants, les ampoules me font du bien. »
  • « J’ai besoin d’un coupe-faim pour maigrir. »

Les moyens de prévention :

  • « Je ne peux pas me passer de fumer. »
  • « Je ne mets pas de préservatif, ça me gêne. »

Mais un médecin généraliste peut aussi être amené à négocier une décision qui n’est pas la sienne : « Docteur, à l’hôpital on m’a dit que je devais me faire opérer et je n’en ai pas envie. ». Il peut aussi se voir confronté à des évènements de la vie émotionnelle, du passé, de la situation familiale ou sociale du malade : « Docteur, je ne peux pas aller à l’hôpital, qui va garder mes enfants ? », « Je ne peux pas faire ces examens car je n’ai pas d’argent », « Vous ne me faites pas de scanner pour mes maux de tête ? Pourtant ma mère est morte d’une tumeur ! », « Je suis sûr que j’ai une sinusite, c’était pareil la fois dernière ». Parfois la négociation se heurte à des questions relationnelles : « Docteur, vous avez un heure de retard !!! », « Hier vous avez dit à ma femme que Louise n’avait pas d’otite. Cette nuit on a dû appeler le médecin de garde qui lui, en a trouvé une… ! ». La négociation raisonnée permettra d’éviter ces écueils.

FACTEURS INFLUENCANT LA NEGOCIATION

Il se peut cependant que des éléments propres à la relation médecin/malade ne viennent parasiter cette construction. La gravité ou l’urgence d’une situation, l’attitude du patient (toxicomanes, prescription d’anorexigènes à répétition…), les convictions du médecin ou la Loi qui interdisent de transiger (certificat de complaisance, arrêt de travail injustifié…), l’humeur du moment ou le temps disponible aboutissent parfois à un blocage. Il est alors possible d’envisager une MEilleure SOlution de REmplacement à une telle situation d’échec ; une négociation trop conflictuelle risque de porter atteinte à la santé du patient et doit parfois être interrompue. S’il n’y a pas d’urgence et qu’il n’existe pas d’autre raison au blocage, le médecin peut attendre et aboutir à un accord après plusieurs consultations. De même, il peut faire intervenir un membre de la famille comme allié, ou bien encore un correspondant médical ou paramédical. Le patient peut de son côté consulter ailleurs, mais c’est le plus souvent l’automédication ou le pharmacien qui lui offriront une MESORE.

CONCLUSION

La relation du médecin avec le malade va donc bien au-delà de la relation thérapeutique et c’est souvent un projet raisonné qui est proposé au patient. Les récentes évolutions juridiques liées à la loi Kouchner du 4 mars 2002 sur les droits du malade vont dans ce sens. La notion de patient n’a jamais été aussi proche de celle d’un client et il paraît nécessaire de formuler des réponses validées à ce nécessaire accord, ceci autant pour améliorer le processus de décision médicale que pour renforcer le contrat thérapeutique conclu avec le patient. Il semble donc cohérent qu’une formation en communication soit proposée aux futurs praticiens, et ceci d’autant plus qu’il reste difficile d’évaluer sa performance dans la pratique médicale. Des approches de psychologie médicale (tables rondes type BALINT, simulation de consultation, cours de psychologie, connaissance de soi, groupes de pairs) ou de conduite à tenir en situations spécifiques (toxicomanes, annonce de mauvaises nouvelles, famille, réseau de soins) sont déjà enseignées aux jeunes internes en médecine. Dans ce sens, l’apprentissage de la Négociation Raisonnée de Harvard serait une solution efficace pour substituer le savoir partagé au pouvoir du médecin.

Les exemples cités dans les « circonstances de la négociation » sont dus pour partie à D. Huas, J-P. Wainsten, B. Bros, C. Dufour, Exercer 1992 ; 19 : 24-26

avr 27
Cas Roméo et Juliette
Cas Roméo et Juliette
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CAS ROMEO ET JULIETTE 

par Hugo Héliot
Hugo.HELIOT@mailhec.net

La théorie de la négociation raisonnée de Harvard est à même d’apporter des solutions efficaces à la question : que se passe-t-il quand la partie adverse triche ou recourt à des moyens déloyaux au cours d’une négociation ? Selon ses théoriciens une négociation menée de façon déloyale par l’une des parties se définit comme celle où l’un des négociateurs ne cesse d’accroître ses exigences, n’hésite pas à user de vexations ou de mensonges voire même ne recule pas devant l’illégalité ou l’immoralité des arguments ou instruments employés. Ainsi, l’autre, ne peut répondre que par la passivité (Chamberlain face à Hitler à Munich selon Fisher) dans l’espoir que l’adversaire n’en demandera pas plus, soit, le plus souvent, qu’en s’irritant, entraînant l’échange dans la spirale stérile de la surenchère et de la triche qui condamne irrémédiablement toute tentative de réussir la négociation. Contrevenant au principe fondamental de réciprocité, cette tactique à sens unique est profondément blâmable selon la NRH et doit être combattue avec les armes d’une négociation raisonnée et raisonnable.

En effet, selon Fisher et Ury « affronté à un adversaire qui tire la couverture à lui sur le fond, il faut pour réagir efficacement lui demander de justifier sa proposition en opposant le principe objectif sur lequel elle repose. Une négociation truquée n’est qu’une manière de tirer la couverture à soi sur la forme. On réagira donc en en faisant une question de procédure – quelle est la méthode de négociation choisie par les parties ? ».

  1. Pour désarmer le négociateur déraisonnable, la NRH prescrit  un cheminement en trois étapes :

  2. identifier la tactique de l’adversaire en n’hésitant pas à parler ouvertement de ses tactiques pour diminuer leur efficacité.

  3. Lui dire que son jeu est mis à jour et parfaitement compris et intégré. 

Discuter avec lui de la légitimité et de l’intérêt objectif de telles méthodes : la discussion est alors centrée sur la procédure au lieu de l’être sur l’objet du différend mais le but poursuivi reste toujours un accord judicieux, efficace et conclu à l’amiable.

Pour ce faire, la façon de procéder demeure identique aux préceptes de la NRH : traiter séparément les questions de procédure et de fonds, ne pas se préoccuper des positions mais concentrer son action sur les intérêts, imaginer des solutions procurant un bénéfice mutuel, exiger un critère objectif. Enfin, en dernier recours il faut savoir mettre en pratique, en cas de blocage irréversible, sa MESORE et ne pas hésiter à quitter la négociation en laissant prétendument le soin aux tribunaux de régler ce différend. Selon, la NRH, étant soi-même a priori irréprochable dans l’honnêteté de la négociation, et si l’on possède à l’évidence de bonnes raisons de partir (fausses déclarations délibérées de la partie adverse, mensonges sur la portée de l’autorité dont ils sont investis…) et si les adversaires ont un réel intérêt à conclure un accord, ils appelleront sûrement pour reprendre la négociation.
Ainsi, à travers l’étude d’une scène quelque peu réinventée du « Roméo et Juliette » de Shakespeare, nous tenterons de mettre en évidence les avantages réels de la NRH dans la prévention et la résolution des conflits nés lorsque la partie adverse, dans une négociation triche ou recourt à des moyens déloyaux.

Etude d’impact de la NRH sur « Roméo et Juliette Reloaded»

Afin de mettre en exergue les avantages de la NRH dans la prévention et la résolution des conflits nés d’un comportement déloyal de l’une des parties, nous opposerons les deux façons d’appréhender le concept même de négociation (avec et sans la NRH) lors d’une rencontre entre Roméo Montaigu et le Seigneur Capulet, père de Juliette.

Contexte :

Vérone est au bord de la guerre civile voyant s’opposer les deux clans les plus puissants de la Cité : les Montaigu et les Capulet. Mais, par delà les haines familiales se dessine le destin tragique d’un amour impossible : celui des deux héritiers ; Roméo d’une part et Juliette de l’autre. Tout les oppose mais tout les réunit… La NRH pourra-t-elle sauver les deux amants d’une mort certaine, sacrifiés sur l’autel des passions familiales ?

Scène incise : le Seigneur Capulet et Roméo
Roméo : « Seigneur, laissez-moi vous parler »
Capulet : « Quel est donc ce tapage, qui ose souiller le sol de ma demeure ?
Un Montaigu ? Enfer et damnation, passez cet homme par l’épée
Et que son sang maudit blanchisse à jamais
Les blasons armoriés du nom des Capulet »  

Roméo : « Seigneur, je ne cherche point querelle. 
Je viens vous exposer ma peine et tenter, par l’accord, d’empêcher toute guerre.  
Depuis le Haut Vérone, mes pas ne furent guidés  
Que par le noble espoir de vous faire accepter  
De voir périr Arès et Vénus triompher.  
Laissez moi épouser Juliette et la guerre s’arrêter ».

 

Deux voies s’ouvrent alors aux parties : l’accord ou la guerre. Prenons pour hypothèse que Roméo, profondément amoureux de Juliette est prêt à de nombreuses concessions pour conquérir la main de son amante. Quelques jours auparavant, la dispute terrible l’ayant opposé à son père au sujet de ses intentions envers Juliette, l’a quelque peu éloigné du palais paternel où il reste néanmoins fort bien implanté par l’entremise de certains de ses amis, serviteurs dévoués de sa cause auprès de son géniteur. Homme de grande noblesse, il attache un prix sans pareil à l’honneur, à la vérité et à la dignité. Il est toutefois conscient que les querelles familiales provoquent le chaos dans la ville et que la responsabilité des chefs de famille est immense dans ce désordre. Il souffre terriblement de cette responsabilité coupable même plus que de son amour frustré. Il ne se sent pour sa part, pas vraiment disposé à en faire les frais et ne songe pas à renoncer à Juliette pour une sombre haine immémoriale déchirant ses pères et ancêtres. L’originalité de sa position tient au fait que précisément, sa jeunesse et son amour lui font relativiser l’ineptie de ces querelles meurtrières et le pousse à rechercher la paix, et partant, le droit de vivre un grand bonheur avec celle qu’il aime.

Capulet pour sa part, vieux seigneur rodé aux méandres de la politique de la Cité et vivant dans la crainte paranoïaque de voir son pouvoir menacé par les stratagèmes de ses ennemis jurés Montaigu, est un homme sans concession, prêt à tout pour protéger ses intérêts et en premier lieu, sa fille adorée. Enivré par l’idée obsédante de défendre son rang, son nom et son pouvoir coûte que coûte, il semble aveuglé par la haine. Détestant les Montaigu plus que tout et se sentant insulté que le plus jeune et inexpérimenté membre de cette famille haie ait osé pénétrer chez lui sans avoir demandé audience, il ne tire pas pourtant grand avantage d’une situation politique aussi instable. L’entretien de ses mercenaires lui revient abominablement cher, la crainte permanente du complot lui pèse, l’insécurité régnant dans la ville nuit au commerce et son épouse, femme déterminée, à la réputation d’acier mais ayant de l’ascendant sur son mari en privé (et détentrice de la plus grosse partie de la fortune familiale) le presse secrètement de mettre fin à un conflit épuisant les deux familles depuis des générations.

D’où moralité : objectif de la négociation : la paix de la cité. Intérêt majeur des deux parties : le mariage pour Roméo, la prospérité pour Capulet.

Pressés par le temps (les deux hommes ont 15 minutes avant que le destin n’enclenche le processus de destruction final –tous deux ont été prévenus en songe de manière suffisamment sibylline pour comprendre que le temps leur est compté dans cette négociation et qu’ils auront à gagner tous deux à la réussite de la discussion mais sans qu’ils aient vraiment conscience de la gravité de ce à quoi ils s’exposent en cas d’échec), sauront-ils sauver les amants de la mort ?  

Voie 1 : Une négociation non raisonnée : encore une négociation ? 

Première voie : celle où Capulet, négociateur déloyal entraîne un Roméo fougueux et inexpérimenté, dont l’esprit n’a pas été éveillé aux préceptes de la NRH, dans la spirale de la haine. Echec lamentable de toute tentative de négociation.

Capulet, ancré sur ses positions, convaincu d’un nouveau stratagème coupable des Montaigu décide d’user de tous les moyens pour parvenir à ses fins : la paix certes, mais sans les Montaigu. Pas question de donner sa fille : pour ce faire, tous les arguments sont bons : les plus vils et les plus déloyaux seront employés dans la négociation.

Tout d’abord le mensonge délibéré en distillant de faux renseignements de façon à déstabiliser son adversaire et ébranler ses certitudes. Exemple type : « Juliette en bonne Capulet t’a menti Roméo ; elle en aime un autre, plus puissant, plus riche et se joue de toi ». Pire : « J’ai en main un accord de paix signé par ton père stipulant que pour le bien de nos deux familles, la guerre doit cesser sous la condition expresse de ne jamais mêler nos sangs ». (Il exhibera alors un faux document de facture correcte). Roméo troublé par ces révélations et se sentant trahi par sa famille et son aimée se jette à corps perdu dans le défi oratoire et perd son calme.

Ce premier ressort classique de la tactique de déstabilisation dans la négociation déloyale peut se trouver renforcé par d’autres stratagèmes notamment ceux dits de la « guerre psychologique ». Il s’agit alors de mettre les gens si mal à l’aise que même sans s’en rendre compte ils souhaiteront terminer au plus vite la négociation. C’est ainsi que Capulet en appellera à sa garde armée pour entourer le frêle Roméo et le rendre coopératif.

Avant cela, il n’hésitera pas à proférer des attaques personnelles mais aussi des menaces sur Roméo, que décidément, il ne juge pas digne de sa fille. Enfin, dernière fourberie, Capulet maintient la pression sur Roméo, le mettant dans une position où lui et lui seul sera en mesure de faire des concessions. Ses exigences sont extrêmes et sans cesse croissantes. Les stratégies de blocage sont sans cesse employées. Capulet temporise, fait perdre du temps à un Roméo de plus en plus hors de lui devant tant de mauvaise foi. Enfin, dans cette optique Capulet assène un dernier mensonge censé clore les débats en lui faisant le coup du partenaire têtu : « mon épouse, dont tu connais la réputation, n’acceptera jamais de laisser Juliette à un Montaigu, hommes au sang maudit et aux mœurs accablantes».

A ce stade, il ne reste plus de temps, Capulet a posé des exigences irréalistes à la paix : départ des Montaigu, abandon de leurs biens aux Capulet, humiliation publique avant de partir et bien sur absence totale de mariage entre les deux familles. Roméo, jeune homme plein d’ardeur et de passion, de noblesse et de hauts sentiments, s’emporte, ne pouvant tolérer l’insulte faite à son nom. Les parties se crispent, campent sur leur position ; la conversation s’enflamme et Capulet à bout de patience lance un ultime « C’est à prendre ou à laisser hilo ! hilo ! ».

Roméo n’en peut plus, tire son épée du fourreau pour rendre justice aux offenses faites à son nom. Les gardes de Capulet se ruent sur le forcené, ivre de douleur et de haine, tentent de le maîtriser. Roméo, échappant de peu à la mort parvient de justesse à s’enfuir non s’en jurer de faire rendre gorge aux Capulet. La négociation ne débouche que sur une reprise toujours plus forte de la violence, l’éclatement de la guerre armée, la mort des héros. En un mot, le chaos.  

 

                                       

Voie 2 : Une négociation raisonnée : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…  

Quoiqu’il en soit retrouvons notre jeune héros, disciple de la NRH et habitué à la négociation la plus dure, face à son impétueux potentiel futur beau-père.

Tout d’abord, Roméo se décide à aller trouver Capulet chez lui. Preuve que la NRH a distillé en lui de louables intentions, il a compris que le lieu de la négociation est capital. Faire preuve de bonne volonté en allant chez lui permet d’attendre en échange un peu plus de considération et d’ouverture d’esprit de l’autre partie.  Dans le cas où le lieu et l’atmosphère finiraient par incommoder Roméo, celui-ci aurait toujours la possibilité d’exposer clairement les raisons de sa gêne et de tenter de les pallier par le dialogue et l’entente mutuelle.

En premier lieu, Roméo devrait en bon disciple de la NRH, brièvement s’excuser pour ne pas s’être fait annoncé, en expliquer éventuellement les raisons afin de mettre son interlocuteur dans de bonnes dispositions à son égard et lui montrer son désir de dépassionner les débats et d’obtenir non une foire d’empoigne, mais un dialogue constructif censé déboucher sur une solution optimale et réciproque. La discussion sur le fond s’entame. Les camps se forment et Capulet entreprend sa négociation déloyale par le mensonge sur Juliette et sur le seigneur Montaigu. Roméo, qui lit clair dans les manœuvres de déstabilisation de Capulet, se souvient des principes enseignés par son maître français ès NRH, un soir d’hiver… La clé réside dans le fait qu’il faut toujours lors d’une négociation traiter séparément la question et la personne et partant, ne jamais croire les gens sur parole. Roméo, ne s’étant pas emporté, bien ancré dans ses certitudes sur l’amour que lui porte Juliette et sur la fidélité de son père malgré les disputes passagères (il peut rapidement en etre convaincu  par la présence dans sa troupe de fidèles travaillant auprès d’un père se lamentant de n’avoir vu son fils depuis quelques jours…), a désamorcé le stratagème et s’apprête à poursuivre calmement la négociation. Plutôt que de tomber dans la surenchère, Roméo ne perd pas de vue son objectif final : la paix et partant, le mariage avec Juliette. Il sait que Capulet a besoin de la paix et qu’un résultat à somme nulle serait désastreux pour l’une et l’autre des parties. Il recentre le débat sur le fond.

Mais Capulet n’entend pas laisser échapper la direction de la négociation et entreprend une guerre psychologique contre Roméo pour le rendre docile. A l’appel de la garde, aux attaques personnelles et aux menaces, Roméo répond avec calme en s’interrogeant sur le bien fondé de telles méthodes, en demandant ouvertement à Capulet s’il juge que ces manœuvres perfides sont dignes de son rang et de sa réputation de seigneur juste et impartial. Il s’emploie enfin à répondre aux menaces, non par la menace mais par l’avertissement, technique habile pour susciter la crainte ou tout du moins la réflexion chez l’autre : « Je crains, Monseigneur, qu’une guerre que le peuple penserait voulue par vous, connaisseur qu’il serait de ma démarche pacificatrice auprès de votre famille, ne vous soit que par trop désastreuse en termes d’image, nuisant irrémédiablement à votre prestige dans notre cité. Un enfant tué par les armes ennemies, s’il ne peut être vengé par le sang de l’adversaire, le sera par celui du responsable des hostilités ; En l’occurrence vous, Monseigneur ». Capulet, quelque peu ébranlé par une réflexion aussi pertinente, ne veut surtout pas endosser la responsabilité de la guerre.

Toutefois, ne supportant pas le calme d’un Roméo NRH qu’il prend pour de l’arrogance et du dédain décide de maintenir la pression. Ses exigences deviennent irréalistes, la surenchère est permanente et les blocages récurrents. Roméo, se souvenant des préceptes de la NRH, s’arque boute sur sa noblesse de négociateur averti : « Je ne cède pas à la pression » et amène Capulet à s’interroger toujours plus avant sur la pertinence d’une telle attitude dilatoire. « Notre intérêt réciproque n’est-il pas finalement d’offrir la paix et la prospérité à notre grande cité ? Ne savez-vous donc pas, Seigneur Capulet, que celles-ci ne passent pas nécessairement par la destruction de ma famille mais que c’est de notre coopération qu’elles dépendent ? ». En faisant toucher à Capulet le ridicule de ses exigences et surtout l’absence de leur bien-fondé objectif (seule la haine le motive), il met en lumière la gravité et l’irresponsabilité profonde de son comportement et progressivement parvient à ébranler ses certitudes et à le ramener à la raison.

Capulet, effectivement déstabilisé, se raccroche à sa femme dans un élan lamentablement évident de sauver la face avec « le coup du partenaire têtu » selon les termes de Fisher et Ury. Roméo qui n’ignore pas la réputation de son épouse, se pose en conciliateur et se propose d’aller la voir, de lui expliquer la situation et d’en appeler à son instinct de mère, d’épouse aimante et de femme pour lui faire entendre que par la paix, l’amour et la prospérité doivent triompher sur la haine et le chaos. Capulet, ne sachant plus comment réagir face à cet habile négociateur qui désamorce un à un tous ses stratagèmes pense alors à jouer le temps pour que la négociation échoue d’elle-même, préférant, piqué dans son orgueil, s’en remettre à un destin incertain plutôt qu’à la raison triomphante. Roméo porte le coup de grâce à ces tactiques de négociation déloyales en explicitant les manœuvres dilatoires de l’adversaire et en en faisant un des objets de la négociation. Il fait ainsi sentir à Capulet que son obstination ridicule, risque de lui faire passer la chance unique de pacifier la cité et partant de faire prospérer son commerce. En montrant à la partie adverse tout ce qu’elle a à perdre si l’accord ne se fait pas et en aménageant éventuellement de quoi permettre à Capulet de sauver la face en acceptant les termes de la négociation, Roméo a transformé la manœuvre du « c’est à prendre ou à laisser » en avantage et s’apprête à entamer une négociation sur le fond dans un climat apaisé.

Pendant un certain temps, les parties se sont affrontées sur la forme. Roméo, ayant réussi à triompher de la haine réciproque sur le forme peut s’attaquer au fond dans un climat de confiance réciproque encore relatif mais que la négociation à proprement parler confortera, les exigences de l’un (Capulet) ayant été modérées d’elles-mêmes lors de la phase d’affrontement, celles de l’autre (Roméo), étant par essence raisonnables car raisonnées. Ainsi, à n’en pas douter un accord gagnant-gagnant ne tardera pas à être trouvé. Capulet, conscient de ses intérêts tant au plan financier qu’en termes de prestige de son nom et désireux de plaire à sa femme se posera en pacificateur. Les Montaigu suivront. L’accord mentionnera la nécessaire coopération entre les deux familles pour que le commerce soit florissant. Le pacte sera formalisé par le mariage de Roméo et de Juliette qui vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… ! 

Partons de l’hypothèse que Roméo, dans ses très jeunes années soit allé à Harvard quelques semaines visiter un cousin sur le campus et ait suivi les cours du professeur Fisher pour se distraire. Autre hypothèse, M. Gérard Thomas, voyageur du royaume de France crève la roue de son cheval près de Vérone. Allant quérir de l’aide, il décide de frapper à la porte du château Montaigu (tout près du lieu de la panne équestre) et propose en échange de l’hospitalité et de la réparation de l’avarie, un cours de négociation raisonnée de Harvard au seigneur Montaigu et à son jeune fils Roméo.

 

                                       

Conclusion 

A travers cet exemple anecdotique et quelque peu humoristique, la négociation raisonnée de Harvard, fait la preuve et ce, de façon très sérieuse de l’intérêt qu’ont les acteurs à s’entendre lors d’une négociation. Il ne peut être question dans un contexte gagnant-gagnant de développer des arguments déloyaux ou ne cadrant pas avec les objectifs de rigueur, d’honnêteté et de probité que tout bon négociateur doit s’assigner a priori.

C’est à ce prix que la négociation pourra aboutir, montrant par là-même que le négociateur averti se doit de bannir toute velléité d’argumentation déloyale au principe qu’en étant irréprochable sur la forme, il aura tout à gagner à s’attacher à négocier au fond, gage d’une négociation efficace et raisonnée…

avr 27
Cas Monrevor
Cas Monrevor
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CAS MONREVOR

par Véronique Mervoyer
Veronique.MERVOYER@mailhec.net

 

“Employees who generate inventions are not sufficiently valued”, Valérie Boccara.

L’idée de ce cas est de mettre en situation un ouvrier face à deux de ses supérieurs. L’ouvrier vient de faire une découverte qui pourrait être une petite révolution dans le secteur de son entreprise. Le problème est qu’il ne peut pas légalement en jouir pleinement. En effet, l’art. L611-7 du code de la propriété intellectuelle dispose que toute invention faite par un ouvrier grâce aux technologies ou au savoir mis à sa disposition par son entreprise appartient à cette dernière. L’ouvrier ne reçoit en échange qu’une indemnité compensatrice. Il reste donc l’auteur de l’invention sans en avoir la libre disposition. Ce point particulier du droit français instaure un déséquilibre entre l’ouvrier et ses supérieurs, déséquilibre qui peut être très mal perçu de la part de ces derniers. Il me semblait donc intéressant d’exploiter cette situation à la lumière de la négociation raisonnée d’Harvard.

La situation est la suivante : l’ouvrier inventeur signale son innovation à son supérieur hiérarchique direct : son chef d’équipe. Celui-ci en parle à ses propres supérieurs, et convoque l’ouvrier pour en parler. L’ouvrier se retrouve seul face à son chef d’équipe et le directeur du département Recherche et Département qu’il n’avait jamais vu par ailleurs.

Outre le fait que cette situation pourrait intéresser chacun d’entre nous, elle trouve son intérêt par son déséquilibre intrasecte :

- Le salarié se retrouve dans la négociation seul face à deux supérieurs hiérarchiques, dont un qu’il ne connaît pas.

- Le directeur Recherche et Innovation, spécialiste de son domaine, sait qu’il a un avantage stratégique sur l’ouvrier : légalement, son invention appartient déjà à l’entreprise. Il connaît toute la législation en vigueur à ce sujet. De plus, son domaine d’expertise lui permet d’évaluer l’innovation en question et d’en apprécier la portée.

- L’ouvrier et le chef d’équipe entretiennent de mauvaises relations, l’ouvrier ayant l’impression qu’à plusieurs reprises son chef lui a volé ses idées pour s’en approprier les bénéfices auprès de ses supérieurs hiérarchiques. Il a l’impression qu’il lui bloque toute perspective d’évolution. Il rejette la faute sur l’entreprise en général : celle-ci n’a pas su remarquer son talent.

L’ouvrier n’a pas forcément conscience qu’il n’a pas légalement l’usus de son invention. Il avait déjà « donné » une de ses inventions à l’entreprise contre une prime de 200 euros, mais après en avoir parlé à des voisins, il sait qu’aux Etats-Unis, les inventeurs sont biens mieux pris en considération, aussi bien du point de vu de la rémunération que du point de vu de la reconnaissance sociale. Il a une femme qui travaille en tant que fonctionnaire et gagne le Smig, et deux enfants : un encore en maternelle, l’autre au primaire.

Du côté de l’entreprise, cette dernière découvre pour la première fois qu’elle a parmi ses ouvriers un innovateur naturel à haut potentiel. Si le directeur Recherche et Innovation n’en prend conscience qu’à ce jour, on l’a informé que cet ouvrier avait déjà apporté sa collaboration dans le passé, mais à l’époque, on ne pensait qu’à un évènement exceptionnel, et on avait pensé que le primer n’était qu’un moyen d’inciter ses collègues à faire de même. On pensait lancer une politique de dynamisation des équipes, rien de plus. Aujourd’hui, cet ouvrier apparaît comme un atout majeur pour l’entreprise, un atout qu’il ne faudrait pas perdre. Le talent de ce dernier commence à se faire connaître : les gens parlent, et pas qu’à l’intérieur des murs de l’entreprise… Un débauchage serait un double échec : non seulement, l’entreprise perdrait un talent né, mais en plus la réputation de l’entreprise en pâtirait : elle serait connu comme l’entreprise ayant la pire gestion des ressources humaines du secteur.  

Si la BATNA semble pencher fortement en défaveur de l’ouvrier, il représente une valeur dont il n’a pas conscience. S’aura-t-il sortir gagnant d’une situation où tout semble aller contre lui ?

MONREVOR

Instructions Confidentielles pour l’ouvrier de Monrevor : M. Olivier.

Cela fait 7 ans que vous travaillez en tant qu’ouvrier chez Monrevor : depuis que vous avez abandonné vos études. Vous auriez bien aimé finir vos études mais vous venez d’un milieu modeste et vous avez très tôt eu une famille à nourrir. Vous êtes actuellement installé dans la banlieue avec votre femme et vos deux enfants. Votre femme est fonctionnaire et gagne le SMIG. Un de vos enfants est en maternelle, l’autre au primaire.

Vous êtes frustré à votre travail : vous avez l’impression que toute votre vie, vous serez au poste auquel vous êtes aujourd’hui. Votre chef d’équipe, M. Rainbow vous énerve : dès que vous émettez une idée, il la reprend à son compte et en tire les bénéfices auprès de ses supérieurs. Vous essayez de vous convaincre que cette situation n’est que passagère, le temps de trouver mieux ailleurs. Vous vous efforcez de voir le bon côté des choses : vous aimez ce secteur. L’agro-alimentaire vous a toujours attiré. Déjà à 5 ans, vous vouliez ouvrir votre restaurant. Ce n’est pas ce dont vous rêviez, mais au moins, vous pouvez laisser libre cours à votre imagination pendant ces longues journées. Monrevor S.A. est une grande boite industrielle, spécialisée dans les plats froids, les plats à réchauffer et les desserts à emporter.

Il y a 2 ans, vous aviez proposé une nouvelle organisation de travail. Votre chef d’équipe l’avait mis en place. Cette réorganisation montra ses vertus, mais ce fut votre chef d’équipe qui en reçu les lauriers. Seuls vos collègues connurent l’injustice. Leurs mots de réconfort ne suffirent pas à vous enlever cette rancune de l’esprit. Il y a 1 ans, vous avez reçu une prime de 200 euros suite à une proposition que vous aviez faite : l’idée était d’accompagner tous les plats d’une fourchette en plastique. C’est assez bête, mais bien plus pratique pour la clientèle qui achète les plats Monrevor lors de leur pause déjeuner.

Il y a deux semaines, vous avez préparé un nouveau dessert à vos enfants. Ils ont adoré, votre femme et vous avec. C’est une toute nouvelle recette qui vous est venue à l’esprit après avoir travaillé sur une chaîne de gâteaux à la vanille chez Monrevor. Vous trouvez la recette tellement bonne qu’il vous vient à l’idée de la vendre à votre entreprise. En effet, il n’y a pas de raison que votre innovation culinaire ne puisse pas rencontrer le même succès que d’autres grands produits incontournables aujourd’hui sur le marché.

Lundi dernier, vous en avez donc parlé à votre chef d’équipe, sans pour autant révéler la recette en question (vous le connaissez que trop bien…). Il promit d’en parler à ses supérieurs. Deux jours plus tard, il vous convoquait à une réunion « pour en parler » avec une personne détachée du département Recherche et Développement le lundi de la semaine suivante.

Entre-temps, vous avez parlé de votre invention un peu partout autour de vous. Plusieurs de vos voisins vous ont conforté dans l’idée que décidément, Monrevor S.A. ne reconnaissait pas votre talent, qu’aux Etats-Unis, cela ferait longtemps qu’on vous aurait promu. Au moins, là-bas, même le plus petit ouvrier peut viser le poste de PDG s’il en a les capacités !

Déjà vous vous mettez à rêver : combien cette recette pourrait rapporter si elle était bien commercialisée… Vous vous prenez à vous imaginez vous-même à la tête d’une entreprise qui commercialiserait cette recette, sans parler des suivantes qu’il ne manquerait pas de créer…

Mais votre femme vous tire de votre rêverie lorsqu’elle vous parle des réparations à faire dans la salle de bain… et de leurs coûts…


MONREVOR

 Instructions Confidentielles pour le chef d’équipe, M. Rainbow.

Vous avez 20 ans de métier derrière vous. Vous êtes à la tête d’une petite équipe chez Monrevor S.A., entreprise agro-alimentaire spécialisée dans la préparation de plats froids, les plats à réchauffer et les desserts à emporter. Votre objectif pour l’instant est d’être promu chef d’usine. Tous les moyens sont bons pour y parvenir : vous vous mettez en permanence en valeur devant vos supérieurs hiérarchiques.

Lundi dernier, un de vos ouvriers a demandé à vous parler : il aurait inventé la recette du siècle, d’après ses propres dires. Curieux, vous avez tenté de découvrir quelle pouvait bien être cette fameuse recette. Ce dernier n’a rien voulu dire. Il a insisté pour que vous en parliez à vos supérieurs, et obteniez d’eux une réunion pour en parler. Vous aviez beau lui dire que vous ne pouviez vous engager sans connaître la valeur de la proposition, que vous paraîtriez bien bête si l’idée était rejetée, que c’était votre responsabilité qui était en jeu… il n’a rien voulu entendre et vous a suppliez d’en parler à vos supérieur.

Vous sentiez que vous ne pouviez lui refuser cette faveur, toute l’équipe vous en aurait voulu et vous risquiez de perdre votre autorité. Vous en avez donc parlé à vos supérieurs. Etonnement, dès mercredi, vous receviez un appel de la direction des ressources humaines : une réunion serait organisée lundi prochain à laquelle vous assisterez afin que votre ouvrier, M. Olivier, rencontre le directeur du Département Recherche et Développement. On vous dit que votre présence permettra de détendre l’atmosphère, que vous servirez de lien entre le directeur et l’ouvrier. Que celui-ci ne se retrouvera ainsi pas totalement face à l’inconnu.

Vous ne comprenez pas pourquoi Monrevor S.A. détache quelqu’un d’aussi important pour un simple ouvrier. Vous êtes un peu jaloux, mais vous vous dites que c’est le moment où jamais de vous mettre en avant.

Vous dites à votre ouvrier qu’il est convoqué lundi après-midi pour parler de son projet avec une personne « détachée du département recherche et développement ».

Lundi, vous rencontrez le Directeur avant la réunion prévue pour l’après-midi. 

 

MONREVOR

 Instructions Confidentielles pour le Directeur du département R & D.

Vous êtes directeur du département R & D de Monrevor S.A., entreprise agro-alimentaire spécialisée dans la préparation de plats froids, les plats à réchauffer et les desserts à emporter. Vous n’avez pas obtenu ce poste par hasard : passionné par la recherche et très bon chef d’hommes, vous aimez trouver les perles rares. Vous avez par ailleurs la réputation d’être un découvreur de talents.

Un de vos collègues vous a parlé de M. Olivier. Celui-ci aurait été à l’origine de plusieurs initiatives très intéressantes et innovantes. Bien que simple ouvrier, le fait que sa réputation soit remontée jusqu’à vous sans emprunter les voies traditionnelles d’informations, que vous considérez comme trop formelles, vous intrigue. Vous y voyez un signe prometteur.

Vous avez donc chargé un de vos collègues, ami par ailleurs, du département Contrôle de Gestion de l’usine dans laquelle travaille M. Olivier de mener informellement une petite enquête sur le personnage. Vous apprenez que des rumeurs rapportaient qu’il fut à l’initiative d’une réorganisation de sa chaîne de travail, réorganisation qui permit à l’entreprise de faire de bonnes économies. Il aurait par ailleurs proposé une innovation sur un produit : l’idée, très simple, d’adjoindre aux plats vendus en superettes une petite fourchette en plastique…

Mardi dernier, vous apprenez que M. Olivier demandait à rencontrer un responsable pour lui parler d’une nouvelle recette pour un dessert, révolutionnaire d’après ces dires. Cette demande faisait ricaner la direction générale, qui y voyait une divagation d’un petit ouvrier… Mais vous avez manifesté un énorme intérêt, - ce qui étonna tout le monde -, et avez demandé à rencontrer M. Olivier au plus vite.

Le rendez-vous fut fixé par le département des Ressources Humaines au Lundi après-midi. Vous rencontrerez auparavant M. Rainbow, le supérieur direct de M. Olivier. Celui-ci vous accompagnera lors de votre entretien avec M. Olivier, et pourra servir de médiateur entre lui et vous.

Il vous tient à cœur de rencontrer M. Olivier : vous auriez probablement des projets pour lui dans votre département R & D, si toutefois l’entretien était à la hauteur de vos espérances.

Vous vous doutez que l’objectif de M. Olivier lors de cet entretien est de vous « vendre » sa fameuse recette. Il faut cependant relativiser ce terme : en effet, d’après l’art. L611-7 du code de la propriété intellectuelle, toute invention faite par un employé grâce notamment au savoir mis à sa disposition par l’entreprise appartient à l’entreprise. L’employé reçoit en échange une indemnité compensatrice. Il reste donc l’auteur de l’invention, mais ne peut pas en exploiter les bénéfices sans l’accord de l’entreprise. Elle, au contraire, peut en exploiter les bénéfices, et n’a pas besoin de l’accord du salarié pour ce faire.

S’il y a litige entre le salarié et l’entreprise à propos du montant de l’indemnité, celle-ci pourra faire l’objet d’une décision de justice. Le juge regarde en général quelle est la contribution du salarié et celle de l’entreprise dans l’invention, quelle en sont les gains, et détermine ainsi la valeur de l’indemnité. On peut ainsi résumé cette relation par cette formule :

R = V * P

Où      R est le montant de la rémunération.

            V la valeur de l’invention (en euros).

            P le facteur de participation de l’employé à la création de l’invention (en %).    

Dans les trois derniers litiges à laquelle l’entreprise eut à faire face, le juge avait déterminé ces montants-ci :

16 euros.

30 euros.

11 000 euros.

Préparez-vous à rencontrer M. Olivier avec l’aide de M. Rainbow. 

Pistes pour la résolution du cas à l’aide de la négociation raisonnée  

Le déséquilibre dans le contexte de la négation (l’ouvrier est seul face à deux supérieurs hiérarchiques) et dans l’information (le directeur du département R & D connaît son domaine : il est capable d’évaluer le projet lui-même. De plus, il a une connaissance approfondie du droit de la propriété intellectuelle. Ce que ni l’ouvrier, ni le chef d’équipe n’ont.

Le chef d’équipe exerce une autorité sur son ouvrier, autorité qu’il peut utiliser dans la négociation, au point de pouvoir casser la négociation. A priori, son intérêt est divergent de celui du directeur. Sans que ce dernier ne s’en rende compte, il pourrait bien à l’origine de l’échec de la négociation.

I. Etat des lieux à l’issu de la négociation

A) L’échec de la négociation : une situation perdante - perdante ? Pas totalement… 

Si la négociation venait à échouer, l’entreprise dans sa globalité serait perdante. Certes, l’invention lui reviendrait de droit, mais le processus juridique lui serait coûteux pour une indemnité qui à terme ne représenterait pas grand-chose…

Le directeur du département R & D n’aurait pas réussi à recruter une personne apparemment très innovante. L’ouvrier en question, plus frustré que jamais, risquerait de quitter l’entreprise… Mais sa situation personnelle délicate, notamment familiale, ne lui permettrait pas de tout quitter pour partir aux Etats-Unis par exemple… De plus, s’il n’a pas réussi à se faire reconnaître chez Monrevor S.A., il n’y a que peu de chances qu’il le soit ailleurs… Son seul gain sera d’être débarrassé de son supérieur direct, véritable plaie pour sa carrière.

Quant au chef d’équipe, il aura certes une satisfaction personnelle à ne pas s’être fait doubler par un de ses subalternes… mais il ne se sera pas non plus fait bien voir de la direction. On peut cependant envisager que la satisfaction personnelle l’emporte dans le cas d’espèce.

B) La réussite de la négociation : apparence ou réalité ?

La négociation peut être « réussie », c’est-à-dire aboutir à un accord. Il faut cependant relativiser cette notion de réussite.

En effet, si l’ouvrier obtient un prix convenable pour son innovation, mais qu’il l’obtient en forçant la main du directeur du département R & D, il serait passé à côté de l’opportunité de carrière dont il a toujours rêvé. Cependant, c’est à lui de sentir que cet entretien n’a pas seulement pour objet sa fameuse nouvelle recette, mais en réalité un objet bien plus grand : celui d’une très grande promotion interne. S’il reste trop focalisé sur « son » invention, son manque d’ouverture risquerait de lui coûter bien cher. Ce qui serait l’illusion d’une réussite serait en réalité un semi échec pour l’entreprise. Le directeur de la R & D s’en retournerait déçu.

Ce dernier porte en quelque sorte la responsabilité du bon déroulement de la négociation. Lui seul a toutes les clefs en main, qu’il peut choisir de partager ou pas. S’il n’élargit pas la conversation, il bloquerait la conversation sur la recette. Au contraire, il faut qu’il s’intéresse à l’employé, sa vie personnelle, ses rêves, ses projets d’avenir…

Le chef d’équipe est un peu le cheval de Troie de cette négociation. Il apparaît comme le conciliateur, mais a une motivation toute autre. Ses intérêts personnels ont toujours primé sur ceux de l’entreprise. Si la négociation venait à aboutir, quelqu’en soit l’issue, il serait perdant. Si par contre, il réussi à négocier une prime dans cette affaire (aide à la découverte de nouveaux talents, promotion interne), il pourrait alors contribuer à la réussite du projet.

La véritable réussite de la négociation se résumerait en quelque sorte à :

- La promotion de l’ouvrier à un poste de R & D. Si la réussite de cet objet de négociation revient au directeur, le niveau du nouveau poste sera à négocier par l’ouvrier.

- Si le talent de conciliateur du chef d’équipe est reconnu par le directeur, celui-ci pourrait en toucher deux mots à la direction afin de la promouvoir à son tour.

Il existe donc une situation gagnante – gagnante, mais celle-ci est cachée par les ambitions aveuglantes de chacun.

II. La négociation raisonnée : un outil pour trouver la situation gagnante – gagnante.

Si chacun fait l’effort de constituer sa BATNA, c’est-à-dire sa situation en cas d’échec de la négociation, il réalise qu’elle est négative. A l’approche de la négociation, chaque acteur veut donc réussir à négocier. Mais la méfiance peut miner ce terrain d’entente. La négociation raisonnée permet de contourner cette difficulté.

En effet, elle nous apprend qu’il vaut mieux parler du contexte de la négociation avant d’aborder son objet principal. Si les négociateurs vont directement à l’objet apparent de la négociation, ils n’ont aucune chance de réussir cette négociation. Alors que le dialogue permet de découvrir les motivations de chacun.

Les conseils que nous donnent la négociation raisonnée :

- Préparer sa BATNA avant d’arriver en situation de négociation.

- Ne parler du véritable objet de la négociation qu’à la fin de la négociation. Notamment pour ne pas rater l’opportunité de découvrir le véritable objet de la négociation : la promotion interne. L’accord sur le prix de la recette peut être facilement obtenu, ce qui est met d’autant plus en danger la réussite de la négociation sur  la promotion interne. 

- Explorer les zones d’accords potentielles en-dehors de l’objet principal de la négociation.

- La communication est la véritable clé de cette négociation.

- Les stratégies personnelles sont les mines potentielles de la stratégie globale.

Il est donc clair qu’il vaut mieux que la négociation réussisse, dans le vrai sens du terme : c’est-à-dire qu’elle aboutisse à une promotion interne de l’ouvrier.

CONCLUSION

Ce que l’on apprend plus particulièrement dans ce cas est que bien souvent, une solution nettement avantageuse pour tous les négociateurs n’est pas envisagée, du fait même de la structure et de la tournure que prend la négociation dans les faits. Ce que nous permet l’apprentissage de la négociation raisonnée est de sortir de l’horizon fermé de ses propres petits objectifs personnels, pour s’élargir au point de vu de notre « adversaire ». Cet adversaire doit pouvoir devenir au fur et à mesure du dialogue notre partenaire.

Bien sûr, l’amélioration de BATNA est un point vital lors d’une négociation. Non seulement, elle permet au négociateur de miser sur autre chose que sur la négociation (auquel cas il est sûr de perdre…), mais elle permet de trouver un nouveau terrain sur lequel le partenaire pourra intervenir, et ainsi favoriser un accord.

Dans le cas d’espèce, si l’ouvrier avait eu un entretien d’embauche avec une autre entreprise, non seulement sa BATNA s’améliorait nettement, mais en plus, cela pouvait le valoriser aux yeux du directeur du département R & D. Il n’aurait alors pas fallu menacer l’autre négociateur d’appliquer sa BATNA, mais le pousser à la découvrir par lui-même…  

Ce cas illustre parfaitement la clé de la négociation raisonnée : le fait d’aborder en priorité tous les sujets annexes de la négociation afin de trouver un premier terrain d’entente.

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

Article L611-7 du code de la propriété intellectuelle

(Loi nº 94-102 du 5 février 1994 art. 22 Journal Officiel du 8 février 1994)

Si l’inventeur est un salarié, le droit au titre de propriété industrielle, à défaut de stipulation contractuelle plus favorable au salarié, est défini selon les dispositions ci-après :

1. Les inventions faites par le salarié dans l’exécution soit d’un contrat de travail comportant une mission inventive qui correspond à ses fonctions effectives, soit d’études et de recherches qui lui sont explicitement confiées, appartiennent à l’employeur. Les conditions dans lesquelles le salarié, auteur d’une telle invention, bénéficie d’une rémunération supplémentaire sont déterminées par les conventions collectives, les accords d’entreprise et les contrats individuels de travail.

Si l’employeur n’est pas soumis à une convention collective de branche, tout litige relatif à la rémunération supplémentaire est soumis à la commission de conciliation instituée par l’article L. 615-21 ou au tribunal de grande instance.

2. Toutes les autres inventions appartiennent au salarié. Toutefois, lorsqu’une invention est faite par un salarié soit dans le cours de l’exécution de ses fonctions, soit dans le domaine des activités de l’entreprise, soit par la connaissance ou l’utilisation des techniques ou de moyens spécifiques à l’entreprise, ou de données procurées par elle, l’employeur a le droit, dans des conditions et délais fixés par décret en Conseil d’Etat, de se faire attribuer la propriété ou la jouissance de tout ou partie des droits attachés au brevet protégeant l’invention de son salarié.

Le salarié doit en obtenir un juste prix qui, à défaut d’accord entre les parties, est fixé par la commission de conciliation instituée par l’article L. 615-21 ou par le tribunal de grande instance : ceux-ci prendront en considération tous éléments qui pourront leur être fournis notamment par l’employeur et par le salarié, pour calculer le juste prix tant en fonction des apports initiaux de l’un et de l’autre que de l’utilité industrielle et commerciale de l’invention.

3. Le salarié auteur d’une invention en informe son employeur qui en accuse réception selon des modalités et des délais fixés par voie réglementaire.

Le salarié et l’employeur doivent se communiquer tous renseignements utiles sur l’invention en cause. Ils doivent s’abstenir de toute divulgation de nature à compromettre en tout ou en partie l’exercice des droits conférés par le présent livre.

Tout accord entre le salarié et son employeur ayant pour objet une invention de salarié doit, à peine de nullité, être constaté par écrit.

4. Les modalités d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’Etat.

5. Les dispositions du présent article sont également applicables aux agents de l’Etat, des collectivités publiques et de toutes autres personnes morales de droit public, selon des modalités qui sont fixées par décret en Conseil d’Etat.

EXTRAIT DU MEMOIRE DE VALERIE MERCIER

La première décision concerne l’affaire Lemonnier et Messan c. CISI. Un brevet, portant sur l’invention d’un employé, avait été pris par l’employeur et une licence avait été accordée à un tiers. La Cour de Paris énonce, dans son arrêt de 12 mars 1987 :

"Considérant qu’à la date de la seconde expertise, l’exploitation commerciale n’était pas négligeable contrairement aux assertions de la CISI - employeur concédant - puisque IPS - licencié - avait réalisé un chiffre d’affaires hors taxes de 8.846.236 F sur des matériels utilisant les enseignements du brevet et qui autorisaient la CISI à percevoir des redevances se montant à 442.311,80 Frs sus de celles qu’elle avait touchées… Considérant que la Cour a ainsi les éléments pour déclarer notoirement insuffisante l’offre de la CISI et évaluer à 75.000 F pour chacun des inventeurs le montant de la gratification forfaitaire".

Dans la seconde affaire Bardy c. Laborec, le brevet portait sur des "narcotines de synthèse" et, plus particulièrement, sur un produit à usage pharmaceutique, pour lequel l’employé réclamait une somme de 450.000 Frs. Le jugement décide, le 20 décembre 1985 :

"Le tribunal dispose d’éléments suffisants d’appréciation pour, sans recourir à une expertise, évaluer le préjudice résultant de la perte de la [gratification] à laquelle il avait droit à la somme de 100.00 Frs".

L’arrêt rendu par la Cour d’appel de Paris, le 19 octobre 1987, ne fournit pas plus d’éclaircissement :

"Considérant qu’il n’est pas contesté que l’invention litigieuse a présenté un intérêt commercial important permettant l’exploitation d’un produit pharmaceutique sous le nom d’hypostamine depuis 1963 ; que, dès lors, en raison de l’importance du rôle joué par M. Bardy dans la réalisation de l’invention, de l’exploitation commerciale de celle - ci depuis plus de vingt ans et du retard avec lequel la [gratification] initialement due sera versée, il convient, sans qu’il y ait lieu de recourir à une mesure d’expertise puisqu’il ne peut s’agir que d’une évaluation forfaitaire, de porter à 200.00 F l’indemnisation due à Monsieur Bardy en réparation de son préjudice matériel".

 

avr 21
Gilles Wallis
Gilles Wallis
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GILLES WALLIS
Ingénieur Arts et Métiers, consultant formateur depuis 1999
 
En tant que consultant formateur en management, Gilles Wallis appuie ses interventions sur une expérience approfondie de l’entreprise. Il aborde ainsi de façon pragmatique et opérationnelle les problèmes de ses clients. Il a acquis les savoir-faire de base de son métier au cours des 4 années passées à l’institut interne de formation au management de Philips, après avoir exercé pendant 20 ans des fonctions marketing-ventes et de recherche développement dans les secteurs de l’électronique professionnelle et de l’aérospatiale. Il s’est spécialisé aujourd’hui dans quelques domaines de compétence qu’il approfondit en permanence grâce à sa curiosité personnelle et à son réseau de relations avec d’autres consultants. Il croit fermement aux possibilités de développement des personnes et aux techniques de formations actives, en présentiel ou au quotidien. Il s’adapte très facilement à la culture de ses clients dans des domaines variés tels que la banque, l’électronique, la grande distribution ou les services aux collectivités. Il anime régulièrement pour des publics anglophones. Il intervient également en formation initiale pour quelques grandes écoles d’ingénieurs.
 
 
 
DOMAINES DE COMPETENCES :
    • Fondamentaux du métier de manager (analyse des besoins, conception et animation de programmes).

    • Négociation (formation dans les domaines commerciaux et industriels).

    • Management par objectifs (formation du management, déploiement participatif des objectifs, entretiens d’évaluation de la performance).

    • Développement du management (référentiels de compétence, administration et restitutions de 360°, assessment et development centers, centres d’orientation, évaluation des performances et des compétences par le management.

    • Management transversal (développement des organisations flexibles, gestion de projet, management de projets transversaux, management en réseau).

    • Travail en équipe et team-building (Simulation d’entreprise).

 
TYPES D’INTERVENTIONS :
    • Animation de formation (niveau opérateur à comité de direction).

    • Conseil (élaboration de référentiels de compétences, déploiement des objectifs, audit des objectifs et organisations flexibles).

    • Accompagnement de managers (démarches 360°, construction et suivi de plans individuels de développement).

    • Intervention événementielle (déploiement de groupes participatifs).

    • Conception pédagogique (exercices, cas, modules pédagogiques, simulation informatisée.

    • Formation initiale des étudiants en grandes écoles (Centrale Paris, Mines, Ponts).

     

 
SAVOIR-FAIRE SPECIFIQUES :
    • Négociation raisonnée (méthode Harvard).

    • Certifié MBTI (2001).

    • Conception et animation à l’aide des outils METAPLAN.

    • Simulation d’entreprise (outil informatisé WELFER).

    • Animation de groupes anglophones.

 
REFERENCES & CLIENTS :
    • Philips France (Semi-conducteurs, Eclairage, Médical, Recherche).

    • Philips Consumer Electronics, France, Europe.

    • Generali Assurances.

    • Legrand.

    • Société d’Aménagement Urbain et Rural –SAUR- (Service des eaux).

    • DP world (Opérateur portuaire).

    • THALES (Air Defence, Naval, Composants).

    • Caisse Nationale des Caisses d’Epargne.

    • Supermarchés ATAC.

    • Kiabi (Mode).

    • Gendarmerie Nationale.

    • Compagnie de Saint Gobain.

    • Groupe CASINO.

    • Ecole Centrale de Paris.

    • Ecole Nationale des Ponts et Chaussées.

 
PUBLICATIONS :
Articles publiés sur internet (extraits)
 
 
EXPERIENCE SPECIFIQUE DANS LE DOMAINE DE LA NEGOCIATION :
 
En tant que cadre opérationnel :
    • 1974-1980 : ingénieur de développement, participe à des projets de développement d’équipements de satellite –SODERN : négociation de prestations internes.

    • 1980-1986 : responsable de projets de développement et de fabrication de sous ensembles optroniques militaires – SODERN : négociation de contrats de fourniture d’équipements.

    • 1992-2000 : New Business Development Manager, responsable marketing au sein d’une « jeune pousse » du Laboratoire d’Electronique Philips, négocie des contrats de R&D, de vente d’équipements et de sous-systèmes.

 
Comme consultant interne :
    • 1984-88 : consultant interne en analyse de la valeur en en analyse fonctionnelle (conception à coût objectifs d’équipements militaires, aérospatiaux et bureautique).

    • 1988-92 : consultant interne en formation : négociation achat de prestations de formation.

 
Comme consultant formateur :
    • 2003 : déploiement de formations de commerciaux à la négociation (Groupe Casino).

    • 2004-2005 : formation à la négociation du corps civil des Ponts et Chaussées.

    • 2003-2007 : formation des élèves ingénieurs de l’Ecole Centrale de Paris à la négociation raisonnée.

    • 1984-88 : consultant interne en analyse de la valeur en en analyse fonctionnelle (conception à coût objectifs d’équipements militaires, aérospatiaux et bureautique).

    • 1988-92 : consultant interne en formation : négociation achat de prestations de formation.

     

avr 21
Bernard Henry
Bernard Henry
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           Bernard HENRY

           5, rue du Camard
           91720 MAISSE
           06 17 13 59 19
      

          

 

 

 

 

 

  FORMATION :
  • 1984 : Sciences de l’Education: niveau licence.
  • 1976 : Diplôme H.E.C.
  • 1971 : Bac C.
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE :
 
1984 à 2009 : Consultant - Formateur

Domaines d’interventions :

  • Négociation Raisonnée d’HARVARD.
  • Management des hommes.
  • Formation de formateurs.
  • Conseil en ingénierie pédagogique.
Missions : 
  • Formation à la négociation d’acheteurs (Société Générale, Lafarge Ciment, Défense, Casino) et d’étudiants (CENTRALE PARIS, PONTS ET CHAUSSEES, Université Léonard DE VINCI, Université de Marne la Vallée).
  • Intervention  dans des projets de formation ayant une dimension internationale et interculturelle (en français et en anglais) pour acheteurs  (LAFARGE Corporate, TOTAL) ou managers (SAINT GOBAIN).
  • Formation de formateurs: PHILIPS, TRT-LUCENT, LA POSTE, CLAUSE-VILMORIN.
  • Formation de l’encadrement au management des hommes: AGF, TNT-Jet Services., ONET, GSF, France Télécom.
  • Conseil en ingénierie pédagogique et création sur mesure d’études de cas et autres supports pédagogiques : ONET, LAFARGE, TOTAL, PHILIPS.
1981 à 1984 : Société Philips : Adjoint chef régional des ventes “TV-Vidéo”(CA 400 MF).
 
1980 à 1981 : Société Philips : Attaché commercial (CA de 40 MF).

1978 à 1979 : SOPEXA  Deutschland  -  Düsseldorf : Chargé de développer, en Allemagne, des activités publi-promotionnelles en faveur des vins français.
 
1984 à 1999 : FOOD AND WINES FROM FRANCE Inc. - New York : Responsable local  de la mise en place de campagnes publi-promotionnelles auprès de la distribution sur plusieurs régions des USA.


 

 

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